Jeunesse – action et «l’entrée enfants et jeunes»

En 1985, au moment où l’équipe Jeunesse Action se mettait en place, elle avait à cœur l’accompagnement du développement et de l’épanouissement des enfants et jeunes. Ceux ci composent une des premières ressources de nos pays de par leur nombre, ressource insuffisamment exploitée.

Elle n’est pas suffisamment prise en compte dans les plans de développement, limitant d’autant l’atteinte de son plein potentiel. Elle n’est que minoritairement prise en charge, dans les programmes ne fut ce que d’éducation : près de 75% d’une classe d’âge ne pénètre pas dans l’éducation secondaire. Peu de dispositifs de prise en charge extra ou para scolaire n’étant prévu, elle est livrée à elle-même pour se tracer un présent et un avenir. Et pourtant, cette jeunesse est bourrée d’énergie et fait preuve d’initiatives individuelles et collectives pour son propre épanouissement et peut faire beaucoup mieux pour celui de toute une population.

Notre mission d’accompagnement s’inscrit ainsi dans la mise en confiance des enfants et jeunes et dans la valorisation à partir des activités qu’ils développent. L'approche participative expérimentée par Enda à partir de 1985, a permis de développer dans des villes d'Afrique, cette mission que nous nous sommes donnés, en se fondant sur leurs initiatives, et sur leurs potentiels, plutôt que sur une théorie «réinsertionniste» valables pour des minorités d’ailleurs, mais pas pour des majorités d’Afrique.

En les approchant, nous nous sommes rendu compte très tôt de leur capacité réelle à affronter leurs problèmes et à mener des actions concrètes pour des droits «à vivre» et non pas seulement «à reconnaître».  La construction des droits est l’autre clé, de notre approche, il s’agit de faire en sorte, que l’un après l’autre, les droits de l’enfant deviennent réalité, à partir des initiatives des enfants, et de l’aide que peuvent leur apporter les adultes, ou le soutien, ou l’encouragement.

Ce que veulent devenir ces enfants, est une contribution positive à la société. Ils veulent progresser, en jouissant de l’éducation, d’une formation professionnelle duale, pour apprendre à exercer des métiers de la meilleure façon possible. Ils aspirent également à l’internet, et à toute la communication moderne, toutes choses dont la société moderne a besoin, et toutes valeurs qui vont à l’encontre de l’individualisme et de la fuite vers d’autres horizons, car leurs rêves sont ici en Afrique.

De là, un enfant devient acteur et citoyen : acteur de son propre développement en premier lieu, et citoyen, car il se préoccupe non pas seulement de son individualité, mais aussi de la collectivité, de ce qui l’entoure, des autres enfants, et des autres sphères de la société, là où il va puiser des ressources pour avancer.

C’est pourquoi nôtre rôle majeur est de renforcer leur auto-organisation, de leur fournir toutes les armes et toutes les clés pour qu’ils aient accès à une reconnaissance toujours plus grande de la part des autorités en premier lieu, pour qu’ils soient bien compris et que l’on prenne en compte leur contribution au développement.

Car l’Afrique est jeune, le plus jeune des continents. Sa jeunesse doit pleinement s’exprimer, et s’épanouir, c’est là un atout qu’il ne faut pas ignorer, ni craindre.